Brisons l'auto-censure ! Mon Journal de la tuerie de ‘Charlie’ 5/5

Publié le par CitiZen Nantes

Par Thierry Kruger

09/01/2015 - 5e texte auto-censuré sur Charlie (5/5)
Quand on assassine la liberté, certains demandent aussitôt la restriction de la liberté

Le journal Causeur est un journal phallocratique, tendance Zemmour, créé pour contrer l'excellent Causette, unique journal féminin intelligent, anti-consumériste, féministe et que je dévore comme tant de mecs, tant il est bon ! Par crainte d'être jugé trop droitier il appelle à châtier des mômes incultes ou en deshérence qui se lâchent sur le net. Quel courage !

Ceux qui approuvent ce meurtre de masse sont des imbéciles, mais je le redis, je suis pour la liberté d'expression et tant que ces sinistres messages ne sont que sur le net et pas dans la presse, je m'en fous. Les trolls haineux, on en a tous été victimes quand on poste nos vidéos. On argumente, on répond ou on clique 'pas de commentaire permis'. Laissons brailler les sots, les pervers, les crétins, les menteurs, parce que nous avons déjà Soral, Ménard, Zemmour, BHL, Finkelkraut, une pléiades d'haineux …

Sur le net circule une image de femme de ménage disant 'j'essuie Charlie Hebdo’, rapporté à cette photo de la scène du crime (ci-dessous).

Brisons l'auto-censure ! Mon Journal de la tuerie de ‘Charlie’ 5/5

Je rappelle que lors de la catastrophe de Beaune, dans les années 1980, un bus de mômes était tombé dans le ravin et tous moururent écrasés et brûlés vifs. Le journal satirique Hara Kiri, copain de Charlie Hebdo s'était moqué de l'accident avec un dessin satirique. Quand Reiser est mort Charlie a publié un dessin d'un cercueil avec ses pattes à ressortir : “Reiser est allé à son enterrement à pied".

Brisons l'auto-censure ! Mon Journal de la tuerie de ‘Charlie’ 5/5

Peut-on rire de la mort des journalistes de Charlie ? Oui, mais pas avec n'importe qui. Sauf que si j'ai ris de la mort de Pinochet, du numéro 2 du FN, Jean-Pierre Strirbois, dans un accident de voiture, j'ai pleuré celle de Coluche. Je ne peux pas rire de la mort de ceux que j'aime, même si ceux de Charlie riaient de la Mort et auraient appréciés qu'on en rie aussi, mais c'est pas possible...

Thierry Le Luron disait qu'il n'imitait - et il était féroce dans ses imitations (Giscard, Marchais) - que ceux qu'il aimait. Ainsi il ne fit jamais Le Pen. Desproges, se sachant malade du cancer a pondu un livre “Vivons heureux avant de mourir" : c'est la devise gravée sur une petite plaque de zinc sur le grillage entourant un mini terrain vague avec du lierre et de l'herbe qui constituent sa tombe au Père Lachaise : il n'a voulu aucun monument que de la terre.

Thierry Kruger

Texte publié le14 janvier 2015
Présentation

Ce texte avoue que je me suis auto-censuré, même si j’ai publié avec un crescendo critique sur Facebook, je suis resté mesuré et diplomate. J’ai donné tout les noms des victimes la nuit suivant la tuerie, rendu compte des actes islamophobes ou simplement racistes anti-arabes, me focalisant sur la récup’ par les réacs de la cause de la Liberté d’opinion, non sans descendre le Qatar, 1er financier du fanatisme qui tua Charlie...

Le conditionnement humain

Il passe par la terrorisation, avec des images de cadavres, des films terrifiants, la peur, la panique, le stress, que cela soit par des coups, des menaces verbales, par un religieux invoquant un dieu terrible et invisible, le châtiment pour un acte véniel, par le manque perpétuel, l'insatisfaction matérielle durable, la faim au ventre, la soif à la bouche, le froid dans sa chair, un travail harassant qui anéantit la cognition, l'attente interminable avant un rendez-vous, un entretien d'embauche, une autorité politique ou médiatique insultant à longueur de temps votre classe sociale, votre origine, vos opinions, par une drogue, que ce soit le sucre, l'alcool, le tabac, le cannabis, les anti-dépresseurs, les somnifères, les amphétamines, les acides, la cocaïne, l'héroïne, les stéroïdes, la stimulation de l'adrénaline, de la dopamine ou de la sérotonine, la télévision, le foot, le loto ou le tiercé, le casino ou des images pornos, par la guerre ou la peur de la guerre, par les murs et barrières, impasses et portes à digicode, par la présence policière ou para-policière, par la peur de déplaire, d'être laid, d'être minable, d'être bête, d'être pas intégré, mal jugé, mal vu, mal aimé, délaissé, abandonné, oublié, par la peur de l'accident ou de la mort...

Post-scriptum de la recollection : Texte publié le 20 février
Scandale chez les culs-bénits de la liberté d'expression

Il ne suffit pas de chier à la face d'Adolf Al-Baghdadi, calife du canif, de la croix, de la pierre à jeter et de notre mauvaise conscience de mouton, de chier sur celle de ses 'tapettes' homicides en passe-montagne et tenue de ninja post-pubères, mais tout autant sur ces crétins brandissant la liberté d'expression en citant un journal qu'ils n'ont jamais lu ou apprécié

Brisons l'auto-censure ! Mon Journal de la tuerie de ‘Charlie’ 5/5

Cette photo (ci-dessus) a fait 'scandale' parce que cette superbe canadienne porte le tee-shirt Je suis Charlie, pose pour une publicité, ce de façon lascive, parce qu'elle a posé nue pour Play Boy Mexique, est mannequin hot aux seins refaits, s'appelle Charlie...

Nan, nan et flute ! La liberté d'expression c'est pas pour le corps vendu comme une lessive, ni pour une image dégradée de la femme ! Ah houai, faut-il rappeler l'artiste néerlandais assassiné par un jeune schizophène marocain pour avoir projeté des (beaux) versets coraniques sur un (beau) corps féminin dénudé ? Faut-il rappeler que tout anti-capitaliste que je sois, en QUOI un femme qui aime poser érotiquement et est payée pour cela, ce sans rapport obligé avec un homme (on est pas dans le porno et la prostitution) est-elle une insulte au femmes violées, lapidées, mariées de force ?

Rien à foutre, c'est son corps.

Alors va te soulager dans les toilettes, mâle ou femelle 'démocrate' de mes deux vendu(e)s au KKKapital !

Charlie Riina rappelle combien certains Occidentaux sont des hypocrites et cultivent le culte de la démocratie ... si et seulement si des bourgeois occidentaux sont assassinés, emprisonnés, enlevés, tués dans une catastrophes mais, l'oublient sur le pas de leur porte quand la police éborgne un manifestant, casse le bras d'un SDF, frappe une Romani, étouffe un immigrant, écharpe un homosexuel, censure une artiste libre, traite d''antisémite' un des inspirateurs de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme ou de 'kmer-vert' un décroissant !

Non, faut pas dire à ces désespérés de ‘bites sur pattes’ en treillis noir de l'Etat dit Islamique que oui, ce qu'ils tuent aussi, c'est la publicité, la haute-couture, l'industrie cosmétique, les new-magazines, la télé-réalité, l'insoutenable légèreté de l'être, le nudisme, l'amour libre, le sexe, la prostitution à l'argent, la femme moins payée que l'homme à travail et compétences égales. Dès fois que certaines de leur critiques seraient fondées, ne montrons pas à ces 'terroristes' - ils sont pas moins terrifiant que le FMI et la BCE - les côtés immatures et putassiers de notre infra-culture : ça les conforteraient.

La civilisation capitaliste productiviste consumériste est indigne et assassine. Elle génocide la biosphère, la terre, l'eau et le ciel ainsi que toute culture et civilisation. L'Etat dit Islamique et ses séides en sont l'exact reflet inverse, brut de décoffrage, montrant que notre non-civilisation ne cache que le meurtre du particulier, l'enfermement autiste, la réduction narcissique et la compulsion de terreur de tout instants pour nier le vieillissement et la mort.

L'Etat dit Islamique n'est pas Islamique en ce qu'il est ce qui reste de nous et de la civilisation musulmane quand on les viole avec le culte de la croissance, de la marchandise, de l'objet et des chiffres, abstraits. Elle est la part d'inhumain en nous allongé sur un lit de désespoir et de nihilisme absolu : Seul contre le Monde. L'Etat dit Islamique est comme une contre-pensée unique qui assume les conséquences d'une génération de dérégulation et du culte de l'enrichissement. Elle est comme un gamin de dix-sept berges qui saisit une hache et massacre sa famille.

Thierry Kruger

Compléments

Publié dans Kruger, Point de vue

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