Brisons l'auto-censure ! Mon Journal de la tuerie de ‘Charlie’ 4/5

Publié le par CitiZen Nantes

16/01/2015 - 4e texte auto-censuré sur Charlie (4/5)
Présentation

Celui-ci critique sévèrement Charlie durant sa période Val, son ex sinistre rédac' chef, tout en faisant, comme Emmanuel Todd en conclusion de son dernier livre, l'éloge de la liberté d'expression qu'il incarne... parmi d'autres. Je critique sa fixette sur l'Islam, née sous Val, qui malgré l'horreur wahhabite et djihadiste ailleurs est en France la croyance d'une partie d'une minorité objectivement opprimée par le capitalisme dérégulé. J'écorne aussi le Canard Enchaîné, puis toute la presse indépendante et bien progressiste qui se refusa à parler de mes deux 1ers films. Ce texte fut écrit en réponse à Bruno ***, ami venant de me demander ‘amitié’ sur Facebook.

Ma parole d'homme libre

Le journal Charlie Hebdo envisageait de passer en format électronique seul et se mourait depuis le sinistre Val ; Val qui renia avec courage son compère de scène Patrick Font dès que ce dernier fut emprisonné pour viol de mineures, Val qui vira l'anarchiste Siné parce que ce dernier se moquait du beau mariage d'affaire du fils du tyran Sarkozy, chose banale chez les bourgeois depuis 150 ans, sous l'accusation infamante d'antisémitisme - Siné qui fut sa vie durant antifa et anti autoritaire.

Val qui vira l'humoriste Stéphane Guillon parce qu'il avait dénoncé un violeur de femmes, Dominique Strauss-Kahn, chose que la loi prescrit car 'la non-dénonciation d'un crime est un crime.

Val qui vira l'humoriste communiste Didier Porte, sur ordre du tyran Nain 1er ... CHARLIE qui de crainte que l'on sache qu'un dessinateur rebelle sortait avec une ancienne secrétaire d'état de Sarkozy, renie un amour sincère dans la mort, alors qu'un président dit de gauche sortait avec une journaliste du très réactionnaire Paris Match ...

Je n'oublie pas qu'un ex de Libération, ami personnel de Carla Bruni, est entré au Canard Enchaîné pour nous infliger de la propagande UMPiste avec l'insipide 'Journal de Carla'. Je n'oublie pas que ceux qui te soutiennent, les amis c'est bien, sont les journaux parisiens Libération, qui envisageait lui aussi de passer en seule version électronique, et Le Monde, tout deux possédés par qui un milliardaire, qui un trio d'affairistes. Je ne comprends pas, d'autant moins que tu aies décliné l'offre d'aide de tes frères en plume de Siné Hebdo, possédé par ses journalistes. J'espère que tu feras bon usage du million qui t'a été accordé par l'Etat, que tu songeras à cette autre Presse Libre, comme toi ô mon Charlie, qui ne vit, elle, que de ses lecteurs, comme moi de mes spectateurs.

Je n'oublie pas que Siné Hebdo me voulu pas parler de mon film 'Sous les pavés, la terre' au prétexte qu'elle n'avait pas de critique cinéma, ni que la Décroissance censura la mention de mon film d'un de ses rédacteurs parce que son directeur refuse de parler en bien de Pierre Rhabi, ni que toi, Charlie, ne répondit pas à mes demandes d'interviews pour mon futur 'Demokratia', au contraire de Bakchich et Le Plan B. Mais ces deux titres ayant disparus, je ne suis donc pas venu filmer leur rédaction puisqu'elles n'existaient plus !

J'ai vu Didier Porte, mais le son était défectueux à l'issu de l'interview, il ne sera pas là. J'ai vu François Ruffin et ai longuement causé pour préparer l'interview, mais je ne suis jamais allé à Amiens voir sa rédac, faute d'argent. Toi, tu ne m'as jamais répondu, moi le manant du cinéma. Mon coeur saigne, de ne pas vous avoir eu dans mon prochain film, tous, Luz, Tignous, Wolinski, Cabu, de ne plus jamais pouvoir vous voir et entendre, après ce meurtre collectif perpétré par deux frères orphelins et pauvres à qui des bourgeois Qatari et Yéménites sont venus en aide en leur offrant des vacances, de l'argent, des armes et des stages de tueurs et qui, devenus islamo-fascistes, vous ont lâchement assassinés au nom du prophète d'un dieu qui n'a jamais existé que dans l'imagination des Hommes en souffrance...

Je viens de classer par date et titres 'toute' ma presse satirique depuis 2000 : Zelium, Le PlanB (disparu), Bakchich (disparu), CQFD, La Décroissance, Fakir, Siné Hebdo, Le Canard Enchaîné et enfin toi, Charlie Hebdo. Avant Val, les Unes de Charlie sont pour l'essentiel contre des hommes politiques et, subsidiairement, écologistes, et enfin, minoritairement, avec quelques Jésus Crie et la caravane passe.

Avec Val apparaissent des caricatures du prophète des Musulmans. J'approuve, je suis athée. Mais en comparant avec les titres précités, il appert que Charlie est le seul titre à lourdement insister là-dessus. Les autres se contentant de croquer curetons et évêques baveux, rabbins méchants et imams débiles. Il y a donc utilisation de la face des hommes Jésus et Mohammed pour, devant les menaces et les procès, en appeler à la générosité publique et subséquemment à sauver 'la presse libre', ce qui entraîne mécaniquement une relance ponctuelle à chaque fois des ventes. C'est la même stratégie que Dieudonné Mbala, humoriste antisémite : une provoc égale une promo. Mais l'émotion passée, le titre reprenait sa descente...

Tu oublies, Charlie (que je n'achetais plus le jour où tu a viré Siné) que si les chrétiens qui t'attaquaient étaient les sinistres nationaux-catholiques de l'AGRIF, les musulmans en pétard n'étaient pas que des égorgeurs wahhabites et djihadistes, à mettre dans le même panier, mais une foule de musulmans tranquilles, avec parfois SOS Racisme … dont je n'oublie pas que cette asso fut une machine créée par le PS pour dépolitiser les jeunes issus d'émigrés, après le succès de la Marche pour l’Egalité rebaptisée par la bourgeoisie de gauche Marche des Beurs.

Oui je n'oublie pas que Mitterrand avait ordonné vers 1983 aux présidents de chaînes télés publiques de passer le tortionnaire Le Pen - avec parfois la vénérable Ligue des Droits de l'Homme contre toi - je n'oublie pas qu’un de leur ancien président, le papy tranquille Victor Bach fut assassiné par la milice parce que Juif...

Je n'oublie pas encore que les penseurs marxistes et/ou structuralistes avaient théorisés la notion de minorité opprimée. Or il appert, depuis les années 1983-84, que les pratiquants et fils et filles de pratiquant de l'Islam, sont depuis TRENTE ANS, les cibles privilégiées des attaques des fascistes, de TOUT les Sinistres de l'Intérieur, et que depuis, se sont ajoutés les Roms, traités de ‘voleurs’ et d'inassimilables, les pauvres et les chômeurs, traités de ‘parasites sociaux’, et in fine, tout ceux refusant la société de consommation, traités de 'Kmers verts', de 'rouge-brun'. Certes, cher Charlie, à part les musulmans, tu as bien défendu les derniers, mais pas plus que les autres titres sus-mentionnés.

Voila ce qu'un Homme Libre comme moi se devait de dire, une fois la peste émotionnelle et l'unanimisme éteignoir passé, une fois la sidération, l'infinie tristesse, le dégoût, la colère et enfin, l'acceptation que je ne vous verrais plus jamais rire ni ne pourrait prendre un kawa avec vous pour dire combien vous étiez, comme tous les autres titres libres, indispensables.

J'ai fais toutes les manifestations silencieuses pour voir, pris le Grand Deuil, puis le Petit Deuil, me suis désolidarisé de mes compagnons anarchistes (1) qui traitaient de 'moutons' une foule digne de 4 millions de citoyens, futurs citoyens et d'amis étrangers. Maintenant est venu le temps de rejeter le culte de la police, de se rappeler qu'elle n'a pas que des jeunes assez mal payés servant de chair à canon aux ministres de l'Intérieur, ni d'emplois faute de mieux à des sous-diplômés que les maires enverront chasser du Rom, de l'immigré, des SDF ou du squatter. Maintenant est venu le temps de dire que la Marseillaise dans mon film est un chant révolutionnaire et que mon 'sang impur' de manant, par opposition au ‘sang bleu’ de la Noblesse et de la société d'Ordre, la retourne contre les politiciens professionnels qui ont refusé toute subvention à mon dernier film et accordé que... 8000 € au précédent, un long-métrage international humaniste de qualité, quand vous donniez 25 000 € chacun à deux court-métrages oubliés.

J'ai pris ma décision d'écrire ce billet, Charlie, suite à ma réponse à un ami me demandant amitié, après trois ans qu'on se connaît, par Facebook.

(1) : Je mens effrontément, tétanisé par l’unanimisme, car je n’aime pas les manifs où l’on doit se taire, ne pas se réunir pour préparer une nouvelle ou se réunir pour discuter de l’action politique, sociale ou culturelle à en tirer. Je n’y suis pas allé et de fait ait été sensible à l’appel de certains anars.

Thierry Kruger

Compléments

Publié dans Kruger, Point de vue

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