Booba, ex-rapper, une savonnette du fascisme marchand

Publié le par CitiZen Nantes

L'humeur de T. Kruger

Ou "quand on est con on est con" (Brassens), car malgré les millions gagnés par ses ventes, l'argent ne lui achètera jamais l'intelligence...

En avril 2015, devant le journal tenu par un oligarque russe, le Parisien, il ose se proclamer "antisocial" alors qu'il n'est juste qu'un narcissique, faux-asocial embourgeoisé n'ayant plus rien à dire parce qu'il a tout dit : il ne sait plus que parler autour de sa personne.

Booba, ex-rapper, une savonnette du fascisme marchand

Pour exister, Booba en est encore à s'attaquer aux autres rappers - à 38 ans ! - ceux de son époque (NTM), ceux qui font autant de blé que lui (Pokora, Sinik), les progressistes (Akhenaton, Diam's) afin de faire du buzz pour attirer les médias de Marché sur le 'produit' qu'il est devenu. Devenu friqué, il veut être et ne pas être une idole de la variété française en terme de visibilité médiatique, déclarant :

Je veux passer à la radio entre Francis Cabrel et Jean-Jacques Goldman.

Ou encore "Je ne veux pas devenir le Johnny Hallyday du rap". Il a rempli dès 2011 son 1er Bercy comme une vedette de variétoche. J'écris pas 'variété' car ce n'était pas le nombre de spectateurs qui comptait pour Ferré, Brel, Piaf ..

Il prétend, encore en 2015 après tant d'années de 'carrière', "raconter sa vie" dans son dernier album D.U.C, alors que c’est un truc que tout chanteur, comédien (ce qu'il n'est pas) et plus encore communiquant, connaissent bien : savoir provoquer l'empathie du public, qui se dira 'il a vécu ce que je vis'. Si à la rigueur ce n'est pas du story-telling, si on le fait, ça doit juste être quand on débute pour 'poser' son personnage, s'affirmer. Et dans le monde concurrentiel actuel c'est presque devenu une nécessité (Grand Corps Malade, Stromae).

Booba illustre en somme le 'déclassement social inversé' de ces enfants de lumpen, prolo ou classe moyenne ayant trop bien 'réussi' et qui, ne vivant plus en 'tessi' ou lotissement pavillonnaire, tout du moins dans une situation de 'galère' plus ou moins prégnante, ne savent plus quoi dire parce que, psychologiquement, ils sont restés dans leur 'teuté', quoique libérés des contraintes matérielles ou judiciaires, en 'zonzon sociale', dans le ghetto.

La solution est de parler à toute les composantes de la Société, de tirer parti des rencontres devenues socialement variées que l'on fait. C'est ce que je pratique en quittant le paupérisme du petit réal expé-militant... sans cesser de militer. Mais pour Booba, il lui faudrait une conscience politique, et il n'en a jamais eue.

Du 'vocoder' à 'auto-tune' : l'éradication de la voix

Et s'il avait une conscience de son art au moins ? Hélas, même pas ! Booba utilise dès 2008 le 'vocoder', cet appareil électronique qui te donne une voix chantante alors que tu ne fais que parler, idéal pour ceux qui ne savent pas chanter. Au départ c'était un truc expé, pour une musique haut de gamme, avant que cette technique de créa soit popularisée avec 'auto-tune'...

Un truc juste bon à faire vendre des disques, en plaisant aux adolescents aliénés par l'écoute de morceaux en contenant. Un bon prod' de zike exigeant refusera pour lancer un nouvel artiste voulant ou croyant faire du rap s'il use du vocoder : le passage par la voix est indispensable. D'autant que c'est plus, parait-il, un truc apprécié des (très) jeune 'filles', que les stéréotypes de sexe et marchand orienteront très tôt plus vers le R'n be que le rap...

Le R'n b et le raï ont été les deux premiers genres musicaux à connaître une hécatombe de l'art du chant, dès 2011, ainsi qu'en témoigne ce bon article, tout désolé, d'un journal possédé pourtant par un trio d'affairistes, Libération :

Le rap étant d'abord un art vocal, de la scansion, c'est son ADN, on ne peut pas séquencer sa voix avec un 'vocoder' ou en usant de programme 'auto tune' et prétendre le demeurer. Un article assassin et bien fait le stipendie déjà en 2008, l'auteur étant plus au fait que le bourgeois Libé de la 'culture de masse'... Celle non créée par les masses, mais le Marché, je distingue bien :

Immature et savonnette du marché

Cet ex-rapper donc, depuis au moins 2008, je ne l'ai jamais apprécié et toujours ignoré parce qu'il porte le nom d'un dessin animé pour enfants de la télévision commerciale, "Booba le petit ourson". Pour moi l'infantilisme appartient au règne de la Marchandise et de l'aliénation, parce que je crois, en plus, que c'est par jeu de mot allusif à son 'sboub', son pénis. En gros, un rapper qui s'appelle 'Bite' je tèj' avant même de l'écouter :P Il se flatte de connaître le richissime Tony Parker, ex-joueur de basket, transformé en produit et marque, ce qu'il tente lui-même avec sa boutique, régulièrement vandalisée à cause de ses clashs d'immature.

Pour cela faudrait avoir un goût pour la mode et savoir se fringuer autrement qu'avec les fringues de sa boutique (vérifiez, il les porte comme un homme-sandwitch) et faire semblant d'apprécier la mode du street-wear et ses artistes, savoir poser comme un mannequin, assumer son rôle de 'produit' jusqu'au bout. Vendre des nippes fabriquées dans des usine d'esclaves en Asie, avec une feuille de cannabis à l'envers (c'est légal à l'envers) ou un parfum dans un flacon ayant la forme d'une grenade, ça donne une idée du modèle de 'société' qu'il défend : mâle dominant, foncedé, jeteur de grenades.

Cela s'appelle du fascisme à la mode 'huile de ricin' ou du Al-Baghdadi de bac à sable... J'approuve donc le vandalisme de sa boutique comme complice d'esclavagiste dans le prêt à porter, mais non comme une vengeance privée. Et il faut le faire pour de bonnes raisons : signifier à un faux-rebelle traitant de "négros" ses pairs fortunés qu'il n'est qu'un 'nègre' esclavagiste de 'niaquoués'.

Quand en plus on a son magasin de fringues de p'tit commerçant sponsorisé par l'exploiteur d'esclaves Adidas, j'ose croire que "La petite marchande de porte-clef" (2011) d'Orelsan, dénonçant l'exploitation des enfants et des adolescents dans les usines, soit comme une réponse à Booba, ah ah ah.

Sa biographie (officielle) Wikipedia pue à plein nez le commercial, comme souvent sur cette semi-encyclopédie du web marchandisé, et on sent qu'il y a fait mettre sa patte : ce n'est qu'un amoncellement de noms 'regardez j'ai plein d'amis !' et de chiffres de vente 'regardez, je suis donc quelqu'un de bien' et une liste de ses clashs 'regardez je suis un rebelle' qui n'intéresse que lui et auquel un rapper vrai et / ou intelligent, comme Akhenaton, ne répondit pas.

Quand le produit Booba est menacé par sa teubéité (1)

Enfin, comme si cela ne suffisait pas, il faut qu'il cause de sa vie privée en organisant, sans doute, de vrai-fausses indiscrétions, comme le fait le show-bizz, comme tout bon 'pipeau-le' devenant Closer-Voici-compatible, en racontant que sa fille "Je ne l'ai pas déclarée en mairie" puisqu'elle n'est pas née de sa compagne... Mais qu'est-ce qu'on en a à foutre que tu te reproduises ?

Cerise sur le gâteau, le crétin réac vire fasciste, en affirmant que "Charlie Hebdo l'a cherché" il y a quelques jours... Comme si l'on méritait la mort pour des dessins, lui qui entrave que dalle aux questions religieuses, à ce qui se passe au Proche et Moyen-Orient, lui pour qui la 'question sociale' des jeunes et moins jeunes enfermés dans le ghetto n'a jamais été au vrai son grand soucis - ma gueule d'abord - pas plus que l'entraide entre 'frères', ni la recherche de solutions .. Quand on a 1 % des neurones de Médine avec son excellent Dont' Laïk (2014) qui met les pieds dans le plat sans se brûler sur un sujet miné, on s'la ferme !

Voici une vidéo sur sa teubéité verbale quant au massacre de Charlie Hebdo. Patrick Pelloux, survivant du journal, est bien trop bon, trop lâche même, de dire, s'aplatissant devant la dictature du Marché qui veut que plus tu vends plus tu dois être respecté, qu'il fait 'du bon rap'... avant de lui reprocher sa bêtise. Sans doute ne veut-il pas insulter cette classe d'âge, les moins de 35 ans, qui n'a jamais eu aussi peu d'avenir... depuis 1914. Enfin c'est mon avis.

Le nouveau directeur de la rédaction de Charlie a bien sûr raison de dénoncer la dictature du 'Tous Charlie' et oui il faut vomir ces lynchages médiatiques pour des mots, ces 'polémiques' auto-créées par le microcosme bourgeois des médias de Marché. Ils servent à écarter tout débat d'idées au profit de la peste émotionnelle venderesse. Mais avec Booba, ce n'est ici qu'une pierre de plus à l'inanité du personnage vu comme produit marchand et non une 'ligne rouge' que sa prétendue intelligence aurait franchie. En fait, voyez-vous, il ne s'agissait que de faire un coup médiatique pour lancer son nouvel étron, pardon, album, intitulé D.U.C. Je cite Closer on line du 16 avril, c'est éclairant :

"A l'occasion de la sortie de son nouvel opus D.U.C, le célèbre rappeur des Hauts-de-Seine a accordé une interview à nos confrères du Parisien. Booba a justifié l'attaque survenue dans les locaux de Charlie Hebdo en janvier dernier"

Booba a-t-il compris qu'il a fait une connerie qui pourrait bien le griller dans la bourgeoisie médiatique ultra-libérale ? Oui et non. Il justifie à nouveau ses dires tout en accomplissant un rétro-pédalage, s'abritant même derrière... le pape François ! S'il affirme que "Tuer au nom de Dieu" est une "aberration" il ajoute que la liberté d'expression n'autorise pas tout et doit se faire "sans offenser". Sa syntaxe est-elle si piteuse que Closer ne veuille citer aucune phrase en entier sortie de la bouche de l'artiste de variétoche ? C'est disons plus son genre de citer des citations de citations. Le caniveau on le reconnaît à cela.

Quand on veut l'argent du beurre rance capitaliste, ses cadavres et 'respecter' les tripes des fascistes morts en brandissant un prophète divinisé comme un gri-gri, cher mister Sboub, on déchoit son beau nom de 'bite'. On ne mérite plus le qualificatif, encore vendable, de 'savonnette du rap', ni même celui, glorieux pour ton chibre, de 'tasspé' qui "suce des bites pour la saint Valentin" (Orelsan). On est juste un dealer de came musicale se faisant prendre dans les douches d'une zonzon de sous-préfecture par un apprenti djihadiste :P Et encore, sous les caméras de TF1 pour The voice', parce que tu 'chantes' quand on t'encule.

Entartons ! Entartons ! Le puant pognon (Noël Godin)

Quand Dailymotion m'a conseillé, aujourd'hui, une vidéo de lui, par ailleurs sans intérêt, liée à une foule d'autres, surtout des fragments d'interviews plus plates les une que les autres et même pas un clip, un morceau de lui... Moi qui n'écoute que les bons artistes en rap, vu que j'ai de bons conseillers depuis des années, mon sang n'a fait qu'un tour !

Ce n'est que pour la promo de son dernier caca que, quatre mois après les massacres, Booba réagit. C'est le signe d'un keum qui ne court plus qu'après lui-même, dans une fuite en avant préludant sa chute : 2015 sera-t-elle l'année où Booba-Sboub va s'auto-dévorer ? Il va peut-être devoir mendier les caméras du PPA puisque qu'il n'a pas compris les bornes bourgeoises du politiquement correct à ne pas franchir.

Booba deviendra comme ça un pseudo-rebelle du genre de ceux que les 'merdia' ostracisent, super ! Il lui reste à devenir, au choix : anarchiste, anticapitaliste, décroissant, intellectuel marxiste ou soralo-dieudonniste et tout le toutim.

Je crois plutôt qu'il va se contenter de téter, le gros ours bien membré, les médias du 36e dessous en les sollicitant à toute force. Alors, petit reporter anticapitaliste ou antifa, c'est le moment de lui tendre ton micro en te faisant passer pour un pigiste d'ANAL Plus ou TF Foune : piégeons le facho de Marché !

Puisqu'il approuve les tueries contre des caricaturistes, il est tant d'appeler à un pareil forfait par ce message très perso : ô petite fille chinoise qui vend des porte-clefs dans le tromé (Orelsan) ! Si tu es désespérée, met donc une grenade dans ton minou et va trouver cet exploiteur dans sa boutique sus-nommée puis, exploses le 'sboub' à Booba, explose ce chanteur de variété de droite !

Thierry Kruger

Note : (1) Néologisme que j'ai créé comme concept il y a une douzaine d'années, issu du velran 'teubé', bête, qui a pris pour moi le sens de crétin absolu, de méga-stupide, ses synonyme en français classique n'ayant plus assez de force pour moi, à part le mot 'crétin' prononcer en sifflant entre les dents par Lacan, d'où je peux dire à la place, pour être de sens aussi fort 'crétin au sens lacanien du terme'.

Publié dans Musique, Point de vue

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