Pour une lecture moderne du Coran

Publié le par CitiZen Nantes

Par Thierry Kruger

Trois actions urgentes. Désespérez les branleurs de l'Etat prétendu Islamique : Les 'Houris" n'existent pas ! Ôtez le Coran des mains des ignorants. Remettez la 'Charia' à sa place !

Pour une lecture moderne du Coran

Un djihadiste syrien en rut, avant la création l'Etat prétendu Islamique, publia cette photo, un risible montage érotique, vers mi février 2013, avec ce texte en arabe :

"Comité islamique au pays Cham (Syrie). Information urgente (je jure par Allah que ceci est vrai). La photo montre des 'houris' envoyées par Allah aux combattants du front Ennosra en reconnaissance pour leur dévouement dans le djihad et sur les champs de bataille. Les pures (ou excisées ?) houris sont envoyées pour des cérémonies de mariages collectifs halal, au milieu de cris de joie plus forts que les bruits des canons. La photo a été prise par le djihadiste Abou Hakim près de la ville d’Idlib".

Ceci fait rapidement réagir Hannibal Genséric, pseudonyme d'un docteur en mathématique tunisien, sur le site "La Cause du Peuple".

Ce site est, avec quelques exagérations, anti-sioniste et anti-étasunien, les accusant d'avoir soutenus de fait ceux que l'Etat français et lui-même appelle DAESH ("Isil" (Islamic State of Iraq and the Levant), pointe 'le racisme de Charlie Hebdo' mais il est le plus intéressant parce qu'il est anti-intégriste et soutien une 'lecture moderne du Coran'.

Les bobards du voile obligatoire et du vin interdit

Je sais que le haïk, le hidjab, l'abaya, le tchador, la burka, le tchador ne SONT PAS islamiques, dans le Coran il est question du concept de 'couvrir', d'autre disent 'poser' ... Faut-il juste inférer qu'il ne faut pas, pour une femme, se balader nue ? :P De plus, tous ces voiles, on les trouve avant : un penseur fanatique chrétien, Origène, voulait au IIIe s. voiler, hors de chez elles, toutes les femmes, les vierges au premier chef, incluses, gros dégueulasse, les fillettes ! Les nobles athéniennes mariées pouvaient, au IVe s. av. n.e. être tenues de se voiler le visage. Une plaidoirie, que j'ai étudié, où un cocu a assassiné l'amant de sa femme qui, selon le mari, fut tenté au moment où il l'a vit, un instant, sans voile ! Précisons encore que la burqa fut inventé en Turkestan ex Soviétique au XVIIe s. pour permettre aux femmes ... de sortir dans la rue ! Les (pseudo) talibans l'ont repris. + d'infos sur "La Cause du Peuple"

De même, vin et alcool ne sont pas interdits par le Coran, dont un verset se réjouit d'un alcool tiré de palmier qui est 'symbole de Civilisation', mais néanmoins, il ne faut pas être ivre lors de la prière, on s'en douterait ! Ainsi, au XIe s., lorsque ce casse-cul d'Ibn Toumart, dont j'ai étudié la vie pour mon livre sur le Maroc ancien, s'est fait jeter d'Egypte, après l'avoir été d'Arabie par les Mecquois excédés par ses prétentions à mieux comprendre le Coran que tout le monde, il dut embarquer pour la Tunisie et, ô horreur, dans la cale, il trouva des amphores de vin ! Derechef, ce crétin voulu les détruire, provoquant une émeute où l'abruti faillit être jeté par-dessus bord ! L'intercession d'un juste, musulman, lui sauva la vie. + d'infos sur "La Cause du Peuple"

La Charia est inférieure à la 'réalité', point barre !

J'ajoute encore cette vérité inconnu chez nous, que faire du Coran la source unique du droit est une totale imbécilité ... qui ne s'est imposée qu'avec les fanatiques du wahhabisme qui triompha dans les années 1920-30 en Arabie Séoudite. Cette ineptie, de mettre la charia comme loi organique au-dessus de tout, a ensuite été reprise par la Révolution iranienne dès que l'ayatollah Khomeini eut fait massacrer les étudiants communistes ou démocrates, en sus de liquider les tortionnaires et séides de la dictature du Shah. Les savants musulmans avaient posé dès les premiers siècles de l'Islam qu'au-dessus de la charia il y avait la 'réalité', en clair la philosophie et le devisement du Monde tel qu'il est. De plus, était reconnue d'autres charia, antérieures, celles d'Abraham, de Noé, de Jésus etc. Elle n'est donc pas synonyme de 'loi islamique'. Différentes écoles de lecture du Coran, allant du littéral borné au plus mystique, prétendant trouver un sens caché partout, avaient fait triompher la voie médiane, pragmatique. Cette adaptation du Coran au réel, sans dénier le spirituel a été déclaré CLOSE au XIe siècle, les derniers penseurs pragmatiques étant mort au XIIIe s. !

Seul, le chî'isme a continué dans cette voie. Il faut attendre le XIXe s. pour que cette possibilité s'ouvre à nouveau. Il s'agissait de répondre à l'impérialisme européen devenu très agressif. De nouveau l'interprétation coranique redevint ouverte : état laïc, semi-laïc, démocratie, droit des femmes, mais aussi lecture rétrograde, millénariste, apocalyptique etc.

Les vierges du paradis ? Foutaise ! C'est du raisin blanc

Mais, diriez-vous, et notre sujet de départ, les vierges du Paradis ? Un exégète n'avait pas craint d'écrire que les "élus', les hommes seuls évidemment, devaient avoir une érection perpétuelle (bonjour les emmerdes) et que leur hymen, donc, devait se reconstituer après chaque rapport ! Alors basta les conneries pour branleurs ! Voici le passage qui permet d'affirmer que les 'houris', les vierges éternelles, ne sont en fait que des grappes de 'raisins blancs'.

Luxenberg examine à fond ce passage du Coran (44 : 56) :

وزوجناهم بحور عين يدعون فيها بكل فاكهة آمنين لا يذوقون فيها الموت إلا الموتة الأولى « Nous les aurons mariés à des Houris aux grands yeux.  » (trad. Blachère). Le mot houri est d’origine araméenne et signifie  « blanc », « pur ».

D’autre part, comme les premiers Coran étaient dépourvus de signes diacritiques, la Tradition s’est trompée dans la voyellisation de ce passage.

  • Il fallait lire « rawadjnahoum » روجناهم au lieu de « zawadjnahoum » زوجناهم, le point sur le « Ra » ayant été faussement ajouté.
  • De plus, en araméen, le « bi » signifie « parmi » ou « sous ».
  • Les signes diacritiques du mot ‘ayn sont aussi mal ajoutés : il fallait lire عنب à la place de عين. Le texte signifiant alors des raisins d’un blanc éclatant.

La traduction que propose Luxenberg est alors : "Nous les installerons confortablement sous des (raisins) blancs, (clairs) comme le cristal". 

Un Coran en araméo-arabe, incluant des textes chrétiens

Un chercheur allemand, sous le pseudonyme de Christoph Luxemberg - on est jamais trop prudent avec les sicaires islamistes - a publié en 2000 une analyse de la sémantique du Coran. Il appert que les fragments originels du texte, ainsi rassemblés et révisés jusqu'au IXe siècle, ont été écrits en araméen arabisé, l'arabe ne transcrivant au VIIe s. que de la poésie et n'usait que des consonnes.

L'araméen était la langue de l'Empire Perse, la conquête d'Alexandre le Grand n'a pas empêcher ce dernier de s'étendre en Orient, devenant la langue de tout le Proche-Orient, le Grec n'étant parlé que par les élites, surtout urbaines, faisant disparaître l'hébreu. Le rabbi Jésus, s'il exista, n'a parlé qu'araméen. Plus encore, le Coran contient des textes chrétiens, d'autres hébraïques, voire manichéens. Des traducteurs oeuvraient autour du Prophète, qui semble n'avoir bien parlé que 'l'arabe le plus pur', celui des poètes. Le Coran a islamisé les sources venant des deux premiers monothéismes, à la façon d'un palimpseste. Il appert encore que le Prophète, qui rappelons-le était marchand, n'a pas été un très bon rhéteur, en clair la prose n'est pas aussi travaillée que dans l'Ancien ou Nouveau Testament. C'est un indice justement, de sincérité, d'authenticité des textes : devenu chef d'une communauté persécutée, devant s'occuper d'intendance, du sort des veuves, qu'il a amélioré alors, de la guerre et de la paix, de prophètes concurrents, de diplomatie, cela nous donne un patchwork qu'on n'a su que rassembler, pour les sourates (chapitres) que dans un ordre décroissant de longueur, en ponctuant débuts et fins de phrases répétitives afin que cela prenne forme pour la prière récitée à haute voix.

Il appert qu'une partie du matériel coranique date de trois siècles avant sa naissance et est chrétien, qu'une autre le précède d'une génération, mais que la grande majorité date des années où il reçu la Révélation.

Une lecture en kiosque, pour néophyte liseur du Coran

Pour en savoir plus : Le Coran, Hors-série, Philosophie Magazine, mars-avril 2015, 7,90 €, 114 pages, avec des contributions extrêmement variées où vous apprendrez l'admiration de Goethe pour le Coran, Nietzsche voyant dans les musulmans la seule civilisation virile, ce qui est une autre explication du pourquoi Himmler avait un Coran sur son bureau, les nazis ayant tordu Nietzsche dans leur sens. On verra encore la sympathie de Proudhon sur le régime de la propriété en Islam, les illusions de Marx, croyant l'Islam sans classe, la méfiance de Tocqueville, la lumineuse démonstration de l'écrivain Abdelwahhab Weddeb, disparu depuis peu, sur 'le Coran pris en otage'.

Un exemple : Al-Qaïda s'est servi d'un verset louant les étrangers, où l'Islam a commencé et finira, pour se dire que puisqu'il est écrit 'bienheureux les étrangers!', ils pouvaient se livrer, sans frein, à toutes sortes de crimes pour faire triompher leur cause, comme des massacres d'écoliers au Pakistan, récemment, puisqu'ils étaient 'bénit' ! Dans mon exemplaire du Coran, une bonne traduction française du XIXe s., dans un sens 'progressiste' mais nuisant sans doute aux passages douées d'une grande poésie, j'avais lu à la place de 'étrangers' le vocable 'exclus', puisqu'il fait référence à la première communauté des Croyants à Médine, persécutée et marginalisée.

Post-Scriptum aux 'Jihadi John' de France

Disons donc aux jeunes français musulmans victimes du racisme et du néo-nazisme médiatique, politique, bourgeois, populaire, policier que s'ils se sentent 'étrangers' à leur pays, qu'ils se disent qu'Allah les aime - en un sens c'est presque christique comme truc - mais que ce n'est pas une raison pour rejoindre les tarés de Dieu, mais à lutter ici et à faire valoir leurs droits de citoyens de la République. Je n'ajouterais rien et signe cet article de mon nom.

Thierry Kruger, auteur-réalisateur français, athée, anarchiste, anticapitaliste, homme qui réfléchi, homme inquiet, mais debout, amoureux de la Liberté.

Avertissement : J'ai envoyé cet article pour publication dans Citizen Nantes, seul média local ayant assez de couilles ou de cyprine pour dire merde ! aux nazis de l'Etat prétendu Islamique, aux fascistes d'Al-Qaïda et aux dictateurs des pays du Golfe. Indymedia n'est pas le lieu dévolu à un tel billet savant et argumenté, pas plus que Bastamag car, rions un peu de notre débilité, nous anarchistes, devant notre peur de se faire traiter d'islamophobe et de décrypter le Proche et Moyen-Orient tel qu'il est. Ce mot est en train de remplir le même rôle, peu à peu, mais à un degré moindre, pour l'instant, que celui d'antisémite. L'un empêche toute critique d'Israël, l'autre va empêcher de critiquer l'usage qui est fait de la charia et du Coran.

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